Israël compte une dizaine de centres dits "d’absorption". Les familles fraichement arrivées d'Ethiopie y sont logées et prises en charge la première année. Certaines y restent plus longtemps. 
Cours d'hébreu et enseignement religieux pour les adultes, école publique au milieu d'Israéliens pour les enfants.
Nous avons choisi le centre de Gilboa dans le nord du pays pour y retrouver Mola Checkol et sa famille.
Nous les avions laissés à l'aéroport d'Addis Ababa à la mi-juin.
Retrouvailles émues, profusion d'injera, et les sourires gênés de la barrière linguistique. Mes 3 phrases clefs en amharique font encore illusion. Quatre mois plus tard et après une seule entrevue, difficile d'évaluer le chemin parcouru vers l'intégration.
Assimilation en revanche. Tous ses enfants ont un portable, et dans la maison au mobilier minimaliste, c'est la tv satellite qui régit les ambiances.
Clips techno/tradi d'Ethiopie et pile de DVD placebos, pour chasser toute nostalgie menaçante.
La route depuis Tel Aviv était longue aujourd'hui.
Distances contenues en ligne droite. Si elle existait. Nécessité de contourner la Cisjordanie. Rappel géographique aux géopoliticiens improvisés sur la question, quant aux superficies réelles ou fantasmées du plus médiatisé des petits endroits du globe.
Nous passons la nuit dans un kibbutz à proximité. Demain, rdv pour l'office religieux... à 5h30.

B/
 
Ils se sont envoles. Apres une journee marathon, (re)commencee a 4heures, nouveau periple en bus jusqu a Addis, qui suinte toujours la pollution et l agressivite. Les familles sont logees dans un batiment pres de l ambassade d Israel pour la journee, et les ennuis commencent pour nous. Reperage pres de l ambassade... et reperés.
Des officiers en armes se precipitent sur nous, tout en tension. ``Posez vos sacs, levez les mains et avancez doucement !!`` Ils sont malins, tous les terroristes en goguette ont l habitude de se promener les mains dans les poches devant leurs prochaines cibles.
Echanges de courtoisies, palpations, contoles suspicieux, et je donne les noms qui derident. On nous laisse repartir, sourire aux levres, mais kalash en bandouliere.
Journee compliquee jusqu au bout, negociations d autorisations pour accompagner les familles a l aeroport, mon boitier photo pose probleme en permanence.  Nous reussissons finalement a nous glisser jusqu aux terminaux, mais recales a l entree, malgre palabres, tentatives de compromis (et presque de corruption). Il faudra trouver une solution plus tard. Nous devions rentrer en avion a Gondar, mais un contact sur place nous dit son inquietude quand a la faisabilite du voyage. Bien vu, volcan en eruption en Erythree (l occasion pour l Ethiopie de lui redeclarer la guerre), et tous les vols de la semaine sautent. C est donc un ticket retour par la piste, sinueuse, trouee, et de nuit.
B/
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Lundi matin. Reveil avant, bien avant les aurores. Les deux bus pour Addis partent a 5h et rendez vous est pris avec une famille emigrante pour y aller ensemble. Il y a foule devant ce que les Falash Mura appellent `l embassy` a Gondar.Ceux qui restent a quai pour le moment (certains pour toujours), les embrassades, les pleurs, les tentatives vaines de se glisser dans un bus.
Periple de 800km de piste, dans un car sans suspensions aussi vieux que le pays. Mixed feelings, parce qu`a la joie longtemps revee de fouler leur Terre promise, se melent les craintes de s y perdre, de ne jamais y retrouver le pays fantasme des annees.
Au milieu du trajet, scene d emeute dans un bus. Un vieil homme pris de panique veut faire machine arriere. Tout l effraie desormais. Sa famille est ici, il n a plus rien a faire d Israel et de ses promesses, finalement.
Retour a la normale sous les moqueries des temoins. ``Sur 80 millions d ethiopiens, 80 millions revent d emigrer, et toi tu te plains ?``
La route jusqu a Addis est trop longue, etape. Apres 14 heures de vertebres broyees, nous passons la nuit dans ce qui ressemble a s y meprendre a un hotel de passe a hepatite, dans un village-route dont le nom m echappe deja pour toujours.
B/
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A Gondar, la semaine s acheve par un reportage au cimetiere de la communaute.

Elle s acheve et annonce aussi un depart. Demain matin, 82 falash mura eligibles et selectionnes (nous reviendrons plus tard sur les criteres) partent pour Addis en bus, avant leur Aliyah en Israel. Bonne nouvelle, nous serons du voyage par la route.. 12 heures de trajet.
Avons rencontre les familles choisies apres plusieurs annees d attente. Rencontres fortes qui annoncent un depart plein d emotion. Tous les membres d une famille ne partent pas.
Nous serons demain soir a Addis si tout se deroule comme prevu et resterons avec eux jusqu qu a l envol de leur avion pour Tel Aviv, mardi soir.

Retournerons a Gondar mercredi, il reste du travail.

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Grosse journee de productivite. Nous partons lundi matin en bus de Gondar jusqu a Addis pour accompagner un groupe retenu pour l emigration en Israel. Les choses avancent, dans le bon sens desormais. Les doutes des premiers jours s estompent peu a peu. La publication du texte d hier attendra un jour de plus.

B/
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Texte par Dany Hoffman


Le reportage sur les Falash Muras avance doucement mais sûrement. Nous avons rencontré hier les principaux responsables de la communauté et visité les différentes installations mises en place par l’association américaine pour le judaïsme éthiopien. Aujourd’hui, début de la fête religieuse de Shavouot. Nous avons assisté à l’office du matin dans une synagogue, où l’on prie moitie hébreu moitié amharique. Plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants rassemblées sous l'autorité de chantres (hazanim) venus d’Israel. Un seul mot : impressionnant.

En dehors de quelques scènes de vie incroyables, le sujet s’annonce compliqué. Il va falloir démêler le vrai du faux et creuser derrière les discours de façade, pour l’heure très formels. Un vrai boulot de journaliste, en somme.

More to come in the next few days...
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Hier soir, retrouves par surprise les invites d une fete de mariage. Party like an Ethiopian.

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Aujourd hui traversee du Mercato, plus vaste marche d Afrique. On y vend, on y repare, on y recupere aussi. Serie a venir.


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Nous partons demain matin en avion pour Gondar, au Nord du pays pour debuter notre projet Falash Mura.
Dernier regard pour Addis Ababa (nouvelle fleur) la polluee, qui ferait passer Mexico pour une ville thermale.
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