Dernière journée sur la montagne d'argent. On appareille pour Ouanary, sous le regard soulagé des pêcheurs brésiliens, bien gênés par notre présence.
Deux heures de traversée, à éviter les bancs de sable fourbes, qui font passer les fonds de l'Oyapock de 8 mètres à soixante centimètres de profondeur.

Demi-surprise de croiser la Boudeuse dans l'estuaire. On la savait en mission dans le coin, mais le plaisir reste intact. Nous échangeons quelques mots avec les membres à bord, le reste de l'équipage est à terre, un peu éparpillé, on en retrouvera sûrement plus loin.

Nous pénétrons dans la rivière Ouanary, pour arriver dans la ville éponyme. En fait de ville il s'agit d'une petite commune, de quelques 80 habitants, complètement isolée du reste de la Guyane. L'accès n'est possible que par bateau, depuis Saint Georges le plus souvent.
Une jetée à demi effondrée, un chemin bétonné qui autrefois servait à acheminer les marchandises par véhicule (encore faudrait-il qu'il y en ait) sur un bon kilomètre, et là, l'émerveillement.
Un paysage fantastique. Quelques maisons englouties dans la végétation, à flanc de montagne. En haut du village, une vue dégagée sur la forêt, avec un horizon estimé à environ... 600 kilomètres. 
L'activité humaine semble inexistante lors du premier passage. Nous ne croisons personne. Seuls deux pêcheurs brésiliens font leurs affaires tranquillement dans la crique. 

Notre premier contact est avec une équipe de la Boudeuse, décidément. Vraie surprise du chef, je connais l'un d'entre eux, camarade de promo de l'époque bénie de la fac de droit. Rencontre la plus improbable de l'année. Pour le bout du monde, continuez tout droit, tournez à droite, vous arrivez à Ouanary.

Les travaux de la journée sont consacrés à de la prospection pour le Parc Naturel Régional, et l'idée de son directeur de joindre Ouanary à la grande fête de l'Oyapock du mois d'août. Repérage aussi des maisons créoles qui pourraient intéresser la Fondation du Patrimoine. 
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