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Texte par Dany Hoffman
Un air de départ flotte dans Gondar ce vendredi. Le reportage touche à sa fin et nous avons prévu de quitter la ville cet après-midi. La dernière journée de travail s'annonce cependant bien remplie. Nous devons d'abord visiter l'école de la communauté Falash Mura, située à plusieurs kilomètres du village. Au milieu d'un vallon, se dressent quatre grands bâtiments bleus et blancs, aux couleurs d'Israël, financés par l'Association Nord Américaine pour les Juifs Éthiopiens (NACOEJ). L'un abrite la synagogue des enfants, l'autre les salles de classe et les locaux administratifs. L'année scolaire s'est achevée il y a quelques jours et les élèves s'amusent à l'extérieur. Certains portent l'uniforme, obligatoire lors des leçons. Le directeur de l'établissement, très convaincant dans son rôle avec sa jaquette à carreaux, improvise une visite détaillée des lieux. Ultimes photos et sourires à tout-va. La camionnette qui nous a amené nous attend déjà. Nous partons.

En début d'après-midi, rendez-vous avec Menachem Waldman, probablement l'une des plus hautes autorités sur la question Falash Mura. Depuis près de vingt ans, ce rabbin israélien milite pour l'émigration de cette communauté en Terre Sainte, auprès des autorités religieuses et politiques de son pays. De passage à Gondar pour quelques jours, il se prête volontiers au jeu de l'interview. L'entretien est passionnant. Les controverses sont abordées en toute franchise et Menachem Waldman n'est clairement pas adepte de la langue de bois. Après avoir exhibé son iPhone et sa clef 3G, le rabbin 2.0 me pose des questions précises sur mon dictaphone numérique, qui semble beaucoup l'intéresser.

Nous faisons ensuite un passage éclair au village, dans l'espoir de croiser quelques têtes familières auxquelles qui nous pourrions dire au revoir. Échec sur tout la ligne. Les adieux se feront donc par téléphone.

Nous décidons de prendre le mini-bus pour Bahar Dar, à quelques kilomètres au sud, au bord de l'immense lac Tana. Quatre heures de trajet mouvementé. Mais comparé au Addis-Gondar, prouesse réalisée quelques jours plus tot, c'est presque du bonheur que de penser à ce voyage.

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