Violence physique du réveil de 5 heures du matin alors que je venais de m'endormir valablement. Nous sommes arrivés en face de l'île aux perroquets. Et petite frustration. Ils sont des milliers, peut être plus, et eux sont bien réveillés. Malheureusement nous n'en apercevons que quelques uns qui quittent l'île pour aller manger. Les autres sont bruyants mais invisibles. On a quand même un super ornitho à bord qui parvient à identifier chaque espèce et à estimer leur nombre à l'oreille.
Retour prévu pour Ouanary. Il faut aussi aller chercher les entomo à Pays Indien.

Une demi heure de navigation et l'ensablement tant redouté. Au milieu de nulle part. On est en marée descendante et rien à éspérer des moteurs même poussés à bloc. C'est parti pour un tour d'une heure en zodiac. Bronzage décapant..

Je profite d'une ballade dans Ouanary pour faire des photos du coin, et je rencontre Gwen, l'infirmier de la commune. Venu de Bretagne il y a 8 ans, il est le seul métro à vivre ici. Il me dresse un portrait amer des mentalités, mais tout est compensé par la vue depuis sa terrasse. Il loge la famille Franceschi pendant leur halte. 

Plus loin, je fais connaissance avec Mr Sippe, 79 ans, doyen de Ouanary, presque jamais sorti de son village, et au visage splendide. Noir, des traits asiatiques et des yeux bleus. Un peu créole, un peu amérindien, et des filles mariées à des brésiliens. Il illustre à lui seul la diversité des peuples de Guyane. Il profite de sa retraite pour faire de la vannerie, toute la journée, près de la maison familiale. Doux personnage.

L'après-midi, réalisation d'une bêtise qui me titillait depuis l'arrivée. Au sommet de la montagne de l'Observatoire, derrière le village, une antenne Edf de 50 mètres. Et une échelle... Traversée de la forêt pour y arriver, puis ascension. Grosses frayeurs entre les rafales de vent et les urubus qui me tournent autour. La vue sur toute la basse vallée de l'Oyapock et la montagne des Trois Pitons est imprenable et valait la prise de risque.

Le soir, accueil sur le bateau d'une équipe de la Boudeuse. Un scientifique qui étudie les taux de mercure dans les eaux du coin (à qui je propose mes cheveux pour analyse), une écrivain et un gabier de la marine nationale. 

Ils apprécient à sa juste valeur le punch qu'ils n'ont pas le droit de consommer à leur bord.
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